Classe Kilo – Projet 877 Paltus & 636
(1982 - )
Mise à jour 6 janvier 2026
- Période service : 1982 –
- Bureau d’études : Rubin
- Prévu : 74
- Réalisés : 61
- En service : 53 (Algérie – 6 ; Chine – 12 ; Inde – 8 ; Iran – 3 ; Myanmar – 1 ; Roumanie – 1 ; Russie – 20 ; Vietnam – 6; Pologne – 1)
- Perdu : 2
- Exportation : Inde (Classe Sindhudhva), Roumanie (Classe Delfinul), Algérie, Iran (Classe Tareq), Chine, Pologne (Classe Orzel), Vietnam (Classe O shi min), Myanmar
- Propulsion : Diésel électrique
- Hélice : 1 x 6 – 7 pales
- Longueur : 72,6 – 73,8 m
- Maître-bau : 9,9 m
- Déplacement S/P : 2.300 / 3.900 t
- Profondeur : 300 m
- Vitesse surface : 12 nds
- Vitesse plongée : 20 nds
- Equipage : 53
- Armement : Torpilles, missiles (AN, C)
- Autonomie : 6.000 mn surface / 400 mn plongée / 45 jours
Le Kilo (Projet 877) a été conçu par le bureau d’études Rubin de Saint Petersbourg afin d’assurer des missions de lutte contre les sous-marins et navires ennemis, de protection des bases navales et voies de communication mais aussi d’attaque des communications adverses pour remplacer les Foxtrot (Projet 641) et Tango (Projet 641B). Pour ce faire, quatre chantiers navals soviétiques se sont chargés de la production : Saint-Petersbourg (chantiers de l’Amirauté), Nizhny Novgorod, Komsomolsk-sur-Amour et plus récemment Severodvinsk (Sevmash). Le prototype a été lancé en 1979 et est entré en service en 1982.
Il existe deux principaux modèles de sous-marins de Classe Kilo : le Projet 877, premier modèle initialement destiné à la marine soviétique (mais qui a aussi été exporté comme une sous-version Type 877 EKM), et le Projet 636. Ceux-ci peuvent emporter en outre des missiles anti-navires Kalibr, dans leur version 636M. Le Projet 636, a été mis en service à partir de 1990. Il dispose d’une double coque qui a été allongée de 1,2 mètres pour loger un nouveau moteur plus puissant et plus silencieux (de l’ordre de 50%). Les hélices sont à sept pales au lieu de six sur le Projet 877. La vitesse maxi est portée à 20 nœuds et l’endurance également augmentée. La coque dispose en outre d’un revêtement anéchoïque pour augmenter encore la discrétion acoustique.
Le Projet 636 est donc plus silencieux mais aussi plus puissant et plus autonome (nouveau système de combat automatisé). Il peut en outre recevoir des missiles anti-navires SS-N-27 Club-S (ainsi que sa version de frappe terrestre) qui sont tirés depuis les lance-torpilles. Cet armement est également intégrable sur les Projet 877 en retrofit. La façon la plus simple de les distinguer en surface est de regarder la terminaison de la coque au niveau de la poupe. Si la jonction est lisse, c’est un Projet 877, et s’il y a un petit dénivelé, c’est un Projet 636 (sauf pour le 636V).
La Classe Lada (Projet 677) avait été créée pour remplacer les Kilo, mais les trois bateaux mis sur cale, respectivement en 1997, 2005 et 2006 ont beaucoup de mal à être mis en service (un seul est opérationnel en 2018). En attendant, la Russie continue à construire des Kilo et à les vendre à un prix unitaire variant entre 200 et 250 millions USD…
Le point fort des sous-marins du Projet modernisé 636.3 Varchavianka est leur discrétion (Varchavianka signifie « fille de Varsovie ». Ce nom lui a été donné car cette version était à l’origine destinée aux pays du Pacte de Varsovie.) De leur côté, les experts de l’OTAN ont baptisé ce sous-marin diesel-électrique polyvalent de 3ème génération « Trou noir ».
Les six premiers sous-marins russes de cette Classe ont été construits à des rythmes accélérés et toute la série a été prête et remise à la Marine entre 2010 et 2016.
Chaque sous-marin de cette série est équipé de 18 torpilles et de 8 missiles.
Un exemplaire (B-871 Alrosa), équipé d’un Pump-jet a été lancé sous le nom de Projet 877V, mais il semble qu’il n’ait pas eu beaucoup de succès (en réparation depuis 2014). Le 13 mars 1992, une partie de son équipage, mené par un certain Capitaine de corvette V. Petrenko aidé par le Capitaine Loupakov tentent de le soustraire au profit de l’Ukraine. Mais les Russes y remettront vite de l’ordre ! A noter que ce sous-marin est en partie financé par le Geant de l’industrie d’extraction de diamants « Alrosa ».
Le 31 octobre 2017, le sous-marin russe B-268 Veliki Novgorod, du Projet 636.3 Varchavianka, a détruit plusieurs cibles terroristes en Syrie avec ses missiles de croisière Kalibr.
A la fin des années 70, un Projet de sous-marin cible destiné à tester les impacts des torpilles et mines (comme le fut le Projet 690 Classe Bravo) a été imaginé sur la base de la Classe Kilo. Ce devait être le Projet 690.2. Ce Projet a finalement été abandonné au milieu des années 80.
Dans les années 90, on a pensé à réaliser le Projet 636 EGT qui était doté de générateurs électroniques. Cette étude a été abandonnée.
Sur une publicité du bureau d’étude Rubin en 2002, on trouve également le projet d’un sous-marin spécial adapté d’un 877 qui était probablement destiné à des travaux de pose (ou de destruction) de canalisations sur le fond marin (877 OPEX).
On trouve également dans les années 80 un autre Projet abandonné, le 877B, qui présentait un allongement de la coque et un massif plus en arrière. Il pourrait être à l’origine du Projet 20120 (Sarov).
Dans le cadre du forum Armée-2016, le ministère russe de la Défense a signé avec le chantier naval Admiralteiskïe verfi un contrat portant sur la construction de six sous-marins du Projet 636.3 Varchavianka pour la Flotte du Pacifique. La livraison devrait se faire en trois lots de deux unités en 2019, 2020 et 2021.
Versions / Types
Il est très difficile de s’y retrouver dans les différentes Versions/Types/Projets des Kilo car ils dépendent des versions, des armements, des pays où ils ont été exportés. Et c’est sans compter sur les raccourcis journalistiques qui sous prétexte qu’ils trouvent la connotation inquiétante « trou noir », sont tentés d’y mettre toute la flotte !
Essayons cependant d’y voir plus clair dans toutes ces versions en circulation :
Année : 1980
Utilisateur : Russie (13)
Observations : Version de base avec hélice à 6 pales
Année : 1989
Utilisateur : Russie (1)
Observations : Nouvelle hélice à 7 pales et nouveau sonar
Autre dénomination : Varchavianka Export
Année : 1985
Utilisateur : Pologne (1), Roumanie (1)
Observations :
- Version 877 uniquement destinée aux pays du pacte de Varsovie.
- Elles sont dépourvues de missiles anti-aérien
Autre dénomination : Export Commercial Modifié
Année : 1985
Utilisateur : Russie (1), Inde (9), Iran (3), Chine (2), Algérie (2)
Observations :
- 6 unités indiennes et 1 unité algérienne ont été améliorées en 877.3
- Les unités étaient tropicalisées
- Les unités chinoises, après modernisation ont portées le Projet 877 K ou 877 MK
Autre dénomination :
Année : 1999
Utilisateur : Inde (7), Algérie (2)
Observations :
- 6 unités indiennes et 1 unité algérienne sont des anciens 877 EKM améliorées
- Missiles Club-S
Autre dénomination : Kilo III
Année : 1990
Utilisateur : Russie (1)
Observations :
- Pompe hélice
Autre dénomination : Kilo amélioré
Année : 1990
Utilisateur : Russie (8)
Observations :
Intégration de torpilles filoguidées
Taille augmentée de 1,2 m
Autre dénomination :
Année : 1997
Utilisateur : Chine (2)
Observations :
Version d’export du 877 M pour la Chine
Autre dénomination : Kilo amélioré
Année : 2004
Utilisateur : Chine (8)
Observations :
Missiles Kalibr Club-S
Nouveaux équipements
Autre dénomination : Kilo II
Année : 2010
Utilisateur : Vietnam (6)
Observations : Version dérivée du 636 M et adaptée aux conditions extrêmes de navigation
Autre dénomination : Kilo II
Année : 2006
Utilisateur : Algérie (4+2 en commande)
Observations : Dérivé du 636 M
Autre dénomination : Varchavianka – Improved Kilo – Kilo II amélioré
Année : 2010
Utilisateur : Russie (6+6 en commande)
Observations :Missiles Kalibr
Accidents en série pour les Kilo indiens
Le 14 août 2013, le sous-marin de la Marine indienne INS Sindhurakshak de Classe Kilo Type 877EKM coule après plusieurs explosions causées par des incendies à bord alors que le sous-marin était à Mumbai. Le feu, suivi d’une série d’explosions à bord du sous-marin armé, se déclenche peu avant minuit. L’incendie est éteint dans les deux heures. Les causes de l’incendie sont inconnues. Les explosions endommagent la coque du sous-marin et celui-ci coule au mouillage, seule la partie supérieure restant émergée. Les marins présents à bord sortent en hâte et se réfugient à terre. Des plongeurs de la Marine indienne sont envoyés inspecter l’épave à la recherche des 18 hommes portés disparus. Le ministère de la défense indien confirme la présence de victimes.
Le 26 février 2014, c’est un incendie de batteries au large de Mumbai qui tue deux officiers et blesse sept autres marins à bord de l’INS Sindhuratna. L’amiral DK Joshi a démissionné quelques heures après l’accident, acceptant la responsabilité morale d’une série de mésaventures et le commandant devait passer en cour martiale.
Le Rostov na Donu (B-237) est bombardé par l’Ukraine dans le port de Sébastopol
Le , le gouverneur de Sébastopol nommé par la Russie, Mikhaïl Razvojaïev, affirme que le chantier naval de Sébastopol est visé par une « attaque de missile » ukrainienne à 2 h du matin, provoquant un incendie majeur. Selon le ministère de la Défense russe, dix missiles de croisière sont tirés, dont sept abattus. L’attaque impliquerait également trois « drones maritimes » dont la totalité auraient été détruits. Le ministère déclare « qu’à la suite des tirs de missiles de croisière ennemis, deux navires en radoub ont été endommagés ». Au moins 24 personnes sont blessées. Les navires touchés par l’attaque sont le navire de débarquement Minsk et le Rostov na Donu. Les images disponibles le montrent la coque déchirée sur plusieurs mètres devant le massif au niveau de la zone accueillant la salle des torpilles ainsi que sur le flanc tribord au centre du sous-marin, juste derrière le massif. D’après les plans de cette classe de bâtiments, la zone touchée correspond à la fin de l’espace vie de l’équipage et le début de la salle des machines. D’après le journal en ligne spécialité Opex360, le bâtiment, trop endommagé, « ne reprendra plus la mer ».
Pour survivre … restons en plongé, même au port !
En mai 2024, pour protéger sa flotte de sous-marin, la Russie semble utiliser une stratégie étonnante en immergeant ses unités à quelques mètres des quais, seul le haut du massif émergeant hors de l’eau. Cette stratégie viserait à les protéger des drones et des attaques missiles ou plus simplement pour disparaitre des images satellites. Raté !
Ou alors (photo prise en août 2024), on met des sous-marins factices !
L’Ukraine annonce avoir détruit un Kilo (B-271 Kolpino) dans le port de Novorossiisk (15/12/2025)
Des drones sous-marins kamikazes (Sub Sea Baby) ont fait exploser un sous-marin russe de classe Kilo, selon la classification de l’Otan, annonce lundi 15 décembre, le service de presse du SBU, le contre-espionnage ukrainien, relayé par le Kyiv Post. Sans en préciser la date, le service de sécurité a précisé que l’attaque a eu lieu dans le port de Novorossiisk, sur la côte russe de la mer Noire.
Selon le SBU, le sous-marin transportait à son bord quatre lanceurs de missiles de croisière Kalibr, que la Russie utilise pour frapper le territoire ukrainien. Toujours selon le service de renseignements ukrainien, le navire russe aurait subi “des dommages critiques et a été mis hors service”. La Russie a réagi à cette annonce en confirmant l’attaque mais en précisant que le sous-marin n’a pas été touché. Cependant, les images diffusées par la Russie ne montrent pas la poupe du bâtiment (qui n’a pas bougé de son staionnement alors que les autres Kilos ont changé de place).
Pour ma part (Eric), j’ai plutôt l’impression que l’explosion frappe le quai et pas le Kilo… C’est ce que semble démontrer la photo satellite prise le lendemain de l’explosion. Mais il semble évident que le Kilo a du fortement être impacté car il n’a pas bougé de place.
Aux dernières le bâtiment concerné serait le B-271 Kolpino.
La Russie souhaite nommer ses futurs Kilo avec le nom d’anciennes villes Ukrainiennes
La Russie a proposé de fournir à l’Inde trois sous-marins de classe Kilo entièrement rénovés (22/12/2025)
La Russie s’est proposée pour renforcer les capacités sous-marines et la puissance navale de l’Inde. Moscou a offert à New Delhi trois sous-marins diesel-électriques de classe Kilo rénovés. Selon des sources de la défense, la transaction est évaluée à moins d’un milliard de dollars. Elle vise à constituer une solution transitoire pour pallier la diminution du nombre de sous-marins de la marine indienne. Cette proposition est intervenue immédiatement après la visite du président russe Vladimir Poutine à New Delhi, début décembre. Le président avait promis de louer à l’Inde un sous-marin d’attaque nucléaire de classe Akula d’ici 2028. Désormais, la Russie présente une alternative conventionnelle immédiatement disponible : trois sous-marins de classe Kilo entièrement modernisés, issus des réserves excédentaires de la marine russe.
Modernisation majeure prévue
Selon des sources de la défense, la durée de vie de ces sous-marins sera prolongée de 20 ans grâce à une modernisation en profondeur. Le coût estimé de chaque bâtiment est inférieur à 300 millions de dollars. Ce programme est considéré comme une solution rentable pour maintenir la puissance navale de l’Inde, d’autant plus que la flotte pourrait connaître un déficit important d’ici le milieu des années 2030.
Équipement conforme aux normes de la guerre moderne
Ces sous-marins seront modernisés afin de répondre aux exigences des opérations de combat modernes. Parmi les principales améliorations figure l’intégration du système de missiles Klub-S (version export du Kalibr), capable d’être lancé depuis des tubes lance-torpilles pour frapper des cibles terrestres et antinavires à des portées de 220 à 300 km.
De 6 à 3 sous-marins
Le programme de modernisation prévoit des fonctionnalités avancées telles que des revêtements furtifs à faible signature radar, des systèmes de périscope automatisés et des batteries lithium-ion modernes pour une autonomie accrue. Cette offre est une version réduite d’une proposition antérieure formulée en juillet 2025, qui suggérait l’acquisition de six sous-marins. Le nombre de sous-marins a été ramené à trois afin de répondre aux besoins financiers et opérationnels immédiats de l’Inde.
Situation actuelle de la flotte de sous-marins indienne
La flotte sous-marine indienne repose actuellement sur des plateformes vieillissantes. Fin 2025, la flotte conventionnelle comptera 16 bâtiments : sept sous-marins russes de classe Sindhughosh (Kilo), quatre allemands de classe HDW Shishumar et six français de classe Kalvari (Scorpène).
Remplacement à l’identique
Les sous-marins de classe Kilo, acquis entre 1986 et 2000, sont confrontés à des problèmes liés à leur âge. Bien qu’ils restent performants, notamment dans des zones stratégiques comme le détroit de Malacca, leur disponibilité opérationnelle est limitée par les besoins de maintenance. Entre 2017 et 2022, trois sous-marins de classe Kilo (INS Sindhu Rakshak, Sindhuvir et Sindhudhwaj) ont été retirés du service. La nouvelle offre russe prévoit un remplacement à l’identique de ces bâtiments, garantissant ainsi le maintien de la taille de la flotte. Cet accord représente une étape majeure vers le renforcement des capacités sous-marines de l’Inde et la consolidation de la sécurité maritime dans la région de l’océan Indien.
Source : Zeenews.india.com
