KSS - N (Projet Jangbogo-N)

(Fin des années 2030)

Mise à jour 30 mai 2026

  • Période service : Fin des années 2030
  • Prévu : ?
  • Réalisés : 0
  • En service : 0
  • Perdu : 0
  • Propulsion : N
  • Hélice : Turbo-jet
  • Longueur : ?
  • Maître-bau : ?
  • Déplacement S/P : ?
  • Profondeur : ?
  • Vitesse surface : ?
  • Vitesse plongée : ?
  • Equipage : ?
  • Armement : Torpilles, Missiles
  • Autonomie : Illimitée
KSS-N présenté le 26 mai 2026

La Corée du Sud avait déjà lancé un projet secret de sous-marin nucléaire, le Projet 362, en juin 2003, sous la présidence de Roh Moo-hyun. Ce projet visait à construire trois sous-marins nucléaires d’attaque, inspirés d’un modèle français de classe Barracuda de 4 000 tonnes, utilisant un réacteur BANDI-60 de type russe alimenté à l’uranium enrichi entre 21 et 45 %. Le projet était soutenu par la Marine, l’Institut coréen de recherche sur l’énergie atomique et l’Administration du programme d’acquisition de la défense. En 2004, la conception de base du réacteur était apparemment achevée. Cependant, le projet a été annulé après une fuite et l’AIEA a lancé une évaluation des recherches nucléaires antérieures de la Corée du Sud. Parmi les autres facteurs figuraient la résistance de factions au sein de l’establishment de la défense, en particulier celles qui donnaient la priorité aux destroyers Aegis, et les préoccupations liées aux contraintes énergétiques et budgétaires. Malgré son annulation, certains experts estiment que le Projet 362 a démontré la capacité de la Corée du Sud à construire un réacteur naval et à l’intégrer à une plateforme sous-marine, et qu’il pourrait être relancé si les conditions politiques et diplomatiques nécessaires étaient réunies.

Fin 2021 émerge de nouveau l’idée d’un KSS à propulsion nucléaire. Le diamètre de la coque actuelle pourrait permettre une telle intégration. Si la Corée du Sud a annoncé en novembre 2021 qu’elle se lançait des travaux sur un réacteur nucléaire local, il semble plus vraisemblable qu’elle s’associe avec un autre pays rompu à cette technologie. La France par exemple, ou les USA si le traité bilatéral de défense entre la Corée du Sud et les États-Unis qui interdit tout transfert de technologies nucléaires des seconds vers la première venait à être levé…!

En juin 2022, les USA annoncent accepter travailler avec la Corée du Sud sur un mini réacteur nucléaire modulaire (SMR), preuve qu’une première étape vient d’être franchie.

Le 18 juillet 2025, Cho Hyun, candidat au poste de ministre sud-coréen des Affaires étrangères, a déclaré lors d’une audience de confirmation qu’il chercherait à modifier l’accord 123 entre les États-Unis et la République de Corée afin de permettre le développement ou l’acquisition de sous-marins nucléaires. Cet accord, qui régit la coopération nucléaire pacifique entre la Corée du Sud et les États-Unis, interdit actuellement l’enrichissement et le retraitement du combustible nucléaire à des fins militaires. (Source ; Armyrecognition)

Le feu vert américain

Le 29 octobre 2025, le président américain Donald Trump a annoncé que le gouvernement américain avait donné son feu vert à la Corée du Sud pour la construction de sous-marins nucléaires sur le sol américain.

Cette annonce fait suite à une rencontre avec plusieurs chefs d’État asiatiques, dont le président sud-coréen Lee Jae-myung, à Gyeongju, en Corée du Sud. D’autres publications de Trump sur Truth Social précisent que les sous-marins seront construits sur le sol américain, dans les chantiers navals de Philadelphie, acquis par la société de défense coréenne Hanwha fin 2024.

Lors de l’audition de la Commission de la défense de l’Assemblée nationale le 30, le chef des opérations navales, Kang Dong-gil, a déclaré : « La date de début du programme de sous-marins à propulsion nucléaire n’a pas encore été décidée, mais une fois lancé, il faudra plus de 10 ans », ajoutant : « Son déplacement devrait dépasser 5 000 tonnes. »

Le commissaire de la Defense Acquisition Program Administration (DAPA), Seok Jong-geon, a également déclaré : « Si l’on regarde les cas des pays avancés, il faut généralement environ 10 ans pour construire un sous-marin à propulsion nucléaire », ajoutant : « Si nous combinons nos capacités, ce délai pourrait être quelque peu raccourci. » Interrogé sur l’ampleur du projet d’acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire, le ministre de la Défense nationale, Ahn Kyu-baek, a répondu : « Il faudra en discuter avec la Marine, mais je pense qu’il faudrait au moins quatre sous-marins. » Source Naval News

En février 2026, le ministère coréen de la Défense nationale a annoncé son intention d’adopter une loi spéciale visant à soutenir l’acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire de manière stable et systématique. Le ministère considère ce programme comme un projet stratégique national nécessitant des engagements budgétaires importants et à long terme, ainsi qu’un effort national soutenu. Par ailleurs, la législation existante étant conçue pour l’énergie nucléaire civile, le ministère juge nécessaire la mise en place d’un cadre réglementaire complet pour l’utilisation militaire de l’énergie nucléaire.

KSS-N Submarine
Source Naval News/ Hi Sutton
KSS-N submarine
Illustration "Laduga"
Copie écran sur la plateforme de Trump
KSS-N
Vue d'artiste du futur Jang Bogo-N, dévoilée par le ministère de la défense sud-coréen

Lancement officiel du Projet

Le mardi 26 mai, le ministère sud-coréen de la Défense nationale a annoncé le « Plan de base pour le développement du sous-marin à propulsion nucléaire de la République de Corée ».

Communiqué de presse du ministère de la Défense nationale de la République de Corée (traduit par Naval News)

Le « Plan de base pour le développement du sous-marin nucléaire de la République de Corée » est le premier document à présenter, tant au niveau national qu’international, l’orientation de la République de Corée en matière de développement systématique d’un sous-marin nucléaire. Ses principaux éléments sont les suivants. Les sous-marins à propulsion nucléaire possèdent des capacités opérationnelles nettement supérieures à celles des sous-marins diesel actuels, notamment une autonomie en plongée de longue durée et une grande mobilité. Ils joueront donc un rôle clé dans la réponse aux menaces nucléaires et balistiques sous-marines de la Corée du Nord.

Le développement de sous-marins à propulsion nucléaire n’est pas un simple projet de construction navale, mais un projet stratégique national qui exige la concentration des capacités nationales, fondées sur les technologies de la République de Corée dans les secteurs nucléaire et naval. Ce projet sera développé de manière systématique et par étapes, en respectant les cinq principes suivants.

  • Premièrement, le combustible nucléaire du réacteur nucléaire du sous-marin utilisera de l’uranium faiblement enrichi, et le réacteur sera développé pour permettre un fonctionnement à long cycle* afin de minimiser le remplacement du combustible nucléaire.
  • Deuxièmement, afin de garantir l’autonomie et la stabilité en matière d’acquisition, de maintien en condition opérationnelle et d’entretien des forces, le sous-marin à propulsion nucléaire sera développé et construit en République de Corée.
  • Troisièmement, la plateforme et le système de propulsion du sous-marin à propulsion nucléaire seront développés en utilisant activement les technologies de pointe accumulées sur une longue période dans les secteurs nucléaire civil et de la construction navale de la République de Corée, afin de garantir un niveau élevé de fiabilité et de sécurité.
  • Quatrièmement, l’ensemble du processus, depuis la conception, la construction, l’exploitation, la maintenance, la gestion du combustible nucléaire et le démantèlement du sous-marin à propulsion nucléaire, sera développé et géré dans une perspective de cycle de vie complet afin de garantir un fonctionnement durable.
  • Cinquièmement, le développement se poursuivra de manière à ce que le premier sous-marin à propulsion nucléaire puisse être lancé au milieu des années 2030 et mis en service après la fin des années 2030.

En outre, forte de la confiance de la communauté internationale, la République de Corée remplira de manière transparente et ferme ses obligations en matière de non-prolifération et prend les trois engagements suivants.

  • Premièrement, la République de Corée maintient sa position ferme : elle ne possède aucune arme nucléaire et ne développera jamais d’armes nucléaires.
  • Deuxièmement, la République de Corée remplira fidèlement ses obligations en matière de non-prolifération tout au long du processus d’approvisionnement et de gestion de l’uranium faiblement enrichi, le combustible nucléaire nécessaire au système de propulsion des sous-marins nucléaires, en étroite communication avec les États-Unis.
  • Troisièmement, la République de Corée établira, conjointement avec l’AIEA, un système de garanties applicable aux sous-marins à propulsion nucléaire et respectera des obligations élevées en matière de non-prolifération.

En outre, la République de Corée maintiendra fermement la sûreté et la sécurité nucléaires tout au long de la mise en œuvre du projet de sous-marins à propulsion nucléaire et gérera de manière sûre et systématique tous les déchets radioactifs générés par les sous-marins à propulsion nucléaire conformément aux lois et réglementations en vigueur.

Le développement des sous-marins à propulsion nucléaire est un projet national de développement industriel s’étalant sur plus de 40 ans, dont 10 ans de construction et plus de 30 ans d’exploitation, qui relie les industries de la construction navale, nucléaire et de défense, et contribuera au développement de l’industrie.

  • Les technologies et les infrastructures accumulées grâce à la construction de sous-marins à propulsion nucléaire se diffuseront dans les industries connexes et deviendront un moteur essentiel du développement de la structure industrielle nationale.
  • Le développement des sous-marins à propulsion nucléaire devrait créer plus de 40 000 emplois stables et de haute qualité, et contribuer à renforcer fondamentalement la compétitivité industrielle régionale et le potentiel de croissance.

À l’avenir, le gouvernement nommera le projet de sous-marin à propulsion nucléaire « Projet Jangbogo-N » et le promouvra comme un projet national d’acquisition de forces essentiel. Ce nom porte la signification d’hériter de l’esprit du premier sous-marin de la République de Corée, le ROKS Jangbogo ( SS-061 ) , tout en construisant un modèle de nouvelle génération, en appliquant une propulsion nucléaire et en intégrant de nouvelles technologies avancées. Le ministère de la Défense nationale continuera de mobiliser toutes les capacités nationales de la République de Corée afin que le projet de sous-marin à propulsion nucléaire devienne une étape historique ouvrant de nouvelles perspectives pour la sécurité maritime de la République de Corée.

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