Classe IS-120 - Ghadir
(2007)
Mise à jour 29 mars 2026
- Période service : 2007 –
- Prévu : +- 30
- Réalisés : +- 30
- En service : 28-30 ?
- Perdu : 1 + 1 (au moins sur le conflict 2026)
- Propulsion : Diésel Electrique
- Hélice : 1 x 5 pales
- Longueur : 29 m
- Maître-bau : 3 m
- Déplacement S/P : 115-117 / 123-125 t
- Profondeur : ?
- Vitesse surface : 10 nds
- Vitesse plongée : 4 nds
- Equipage : 15
- Armement : Torpilles, mines, missiles (C)
- Autonomie : 550 mn surface / 50 mn plongée
Cette Classe de sous-marin est dérivé de la Classe Yono Nord-Coréenne. Les premiers exemplaires ont été livrés début 2000 par la Chine afin de rembourser une dette. Elle est construite localement depuis 2004-06 avec des équipements chinois. Il est équipé de deux torpilles de 533 mm (contre 400 mm pour le Yono). L’Iran revendique cette Classe, bien qu’elle soit très fortement inspirée du sous-marin Nord-Coréen. Il pourrait être en capacité de tirer une torpille-roquette à courte portée de type Shkval, qui a été reproduite en Iran en 2009.
Au-delà des torpilles lourdes Valfajr, l’Iran a validé le lancement du missile de croisière antinavire Jask-2 depuis ces unités, permettant des frappes à distance sans compromettre la position immédiate du sous-marin.
Perte d’un Ghadir Iranien en 2004
Un sous-marin iranien de la Classe Ghadir, de construction locale avec des technologies chinoises, a coulé en 2004 près du détroit d’Ormuz. Il se préparait pour un exercice naval des « Gardiens de la Révolution », au cours duquel il devait s’entraîner à couler ou endommager une maquette de porte-avions américain (réplique de l’USS Nimitz).
Le sous-marin avait été lancé il y a seulement un an. Les Iraniens ont gardé le secret sur l’accident, limitant même les recherches des dix membres d’équipage pour éviter d’attirer l’attention des services de renseignements américains ou d’autres pays dans la région. Des équipes russes et chinoises engagées secrètement pour retrouver le sous-marin coulé, ont rapidement abandonné, expliquant qu’aucun membre d’équipage ne pouvait avoir survécu. Selon eux, c’était à l’Iran de décider de poursuivre les recherches, au risque de révéler ses projets de tentative à couler les porte-avions américains en cas de guerre. Tant que le sous-marin restait au fond, sa furtivité le rendait difficile à localiser pour les services occidentaux de renseignement.
Les Ghadir lors du conflict 2026
En mars 2026, lors du conflict entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël, les Ghadir ne sont pas à la fête. On ne sait combien de bâtiments ont été détruits, mais il y en a au moins un.
Les sous-marins fantômes iraniens continuent de rôder dans le détroit d’Ormuz et les États-Unis ne parviennent pas à les localiser. Malgré les frappes aériennes américaines répétées ciblant les forces navales iraniennes, les sous-marins de poche de classe Ghadir restent opérationnels dans le détroit d’Ormuz, évoluant dans des eaux si peu profondes et si bruyantes que les systèmes anti-sous-marins américains peinent à les détecter.
L’Iran exploite une flotte de 20 à 23 sous-marins de poche de classe Ghadir. Chaque bâtiment représente environ un dixième de la taille d’un sous-marin d’attaque conventionnel, avec un tonnage de 120 tonnes et une longueur de 29 mètres. Ils sont capables de lancer des torpilles sur les pétroliers de passage et, à la faveur de la nuit, de poser des dizaines de mines marines sans être repérés. Le détroit d’Ormuz est qualifié de « zone de destruction massive » par les responsables de la défense américaine. La faible profondeur, le bruit intense du trafic maritime commercial et l’activité de forage pétrolier créent des conditions quasi idéales pour que ces sous-marins opèrent sans être détectés – des conditions que l’Iran étudie et prépare depuis quatre décennies.
Selon des responsables de la défense interrogés par le Wall Street Journal, l’escorte de navires commerciaux par l’US Navy n’est actuellement pas envisageable, car l’Iran conserve la capacité de frapper des navires dans tout le détroit. L’Iran dispose également de réseaux de tunnels souterrains spécifiquement conçus pour le lancement clandestin de ces sous-marins, ce qui rend les frappes préventives beaucoup plus difficiles.
Un rapport du Service de recherche du Congrès, remis au Congrès le 11 mars 2026, a confirmé que l’Iran conserve la capacité de perturber le trafic maritime commercial par le biais de sous-marins, de mines marines et de missiles côtiers, et que le rétablissement complet de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz pourrait prendre des jours, des semaines, voire des mois. La stratégie sous-marine iranienne n’a jamais eu pour vocation de rivaliser directement avec la puissance navale américaine. Elle a été conçue pour la compliquer, et pour l’instant, elle fonctionne.
Sources : The Telegraph, Fortune, Army Recognition, USNI News, Service de recherche du Congrès (11 mars 2026)
