SNLE3G
(2037)
Mise à jour 24 janvier 2026
- Etudes / Construction : 2012 –
- Période service : 2037 –
- Prévu : 4
- Réalisés : 0
- En service : 0
- Perdu : 0
- Propulsion : Nucléaire
- Hélice : Pump-jet
- Longueur : 147 m
- Maître-bau : 12,5 m
- Déplacement S/P : 14.500 / 16.400 t
- Profondeur : +350 m
- Vitesse surface : ?
- Vitesse plongée : ?
- Equipage : ?
- Armement : Torpilles, missiles (C, B)
Troisième génération de SSBN français (après les Classes Redoutable et Triomphant), le programme est actuellement connu sous le nom de SNLE 3G (Sous-marin Nucléaire Lanceur d’Engins de 3ème Génération).
Le programme français de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE-3G) a débuté en 2011 par une étude de faisabilité visant à évaluer les caractéristiques clés du sous-marin et, dans le cadre d’une analyse des risques, à identifier les goulets d’étranglement technologiques. Le concept a été approuvé en 2014 et l’avant-projet a été validé en 2017. Le 19 février 2019, le ministre français de la Défense a officiellement lancé le programme SNLE-3G, représentant près de 15 millions d’heures de travail consacrées à la conception et 80 millions à la production sur une période de 30 ans. Après l’achèvement de la conception détaillée en juin 2021, Naval Group a entamé la phase de développement, qui se poursuivra jusqu’à fin 2025. Durant cette phase, les caractéristiques précises et les plans d’agencement détaillés du sous-marin sont finalisés, et les premiers éléments de coque et compartiments techniques sont en cours de fabrication.
Naval Group conçoit le nouveau SNLE entièrement à l’aide d’outils numériques de pointe, notamment la conception assistée par ordinateur (CAO) 3D, la dynamique des fluides numérique (CFD), le calcul haute performance (HPC) et la réalité virtuelle (RV). Une maquette numérique interactive grandeur nature projette tous les compartiments, y compris l’emplacement et l’équipement de chaque composant du sous-marin. Cela permet aux concepteurs de se déplacer virtuellement à bord, de déterminer où et comment installer les fixations des cloisons, de positionner les tuyauteries et les câbles pour valider l’agencement et l’ergonomie, et d’identifier la séquence d’assemblage précise avant le début de la construction physique.
Les acteurs du Programme
Plusieurs sites du Naval Group participent au projet. La gestion du programme est centralisée à l’usine de Bagneux (Paris), tandis que l’usine de Nantes-Indret est responsable de la production et des essais des composants du compartiment réacteur principal, notamment la cuve du réacteur. L’usine d’Angoulême-Ruelle du Naval Group assure la conception, la production et les essais des éléments structuraux du sous-marin, ainsi que des mâts, des appareils à gouverner, des systèmes de commande de gouvernail et des lignes d’arbre. L’usine d’Ollioules (près de Toulon) se concentre sur les systèmes d’information intégrés, l’intégration du système de maintenance des sous-marins de combat (CMS) et les systèmes de contrôle.
Les installations de Lorient sont responsables de la conception du SNLE et de ses composants composites, ainsi que de l’ingénierie de production. Le chantier naval de Cherbourg construira la coque, certains modules internes, intégrera les équipements et les systèmes à bord et réalisera les essais du sous-marin. Parallèlement, le Centre d’Expertises et d’Essais en Hydrodynamique et Hydroacoustique de la DGA, situé à Val-de-Reuil (près de Rouen), effectue des essais acoustiques des systèmes de propulsion des futurs sous-marins à l’aide de ses outils de simulation numérique. Ces essais seront suivis d’essais sur une maquette sur le lac de Bédanne voisin afin d’évaluer la manœuvrabilité.
Plusieurs entreprises ont déjà été sélectionnées pour la production et la fourniture d’équipements. En juillet 2023, Thales a remporté un contrat pour la fourniture de sa nouvelle suite sonar intégrée. Celle-ci comprend un nouveau sonar d’étrave doté d’un concept d’antenne innovant, des antennes sonar latérales planaires (abritant de nombreux capteurs performants) et une nouvelle suite de sonar linéaire remorqué, baptisée ALRO (antenne linéaire remorquée à technologie optique). Selon Thales, ce système sonar offre des capacités de détection inégalées et une analyse complète du paysage acoustique sous-marin. Capable de détecter les ultra-basses fréquences (ULF), il pourra suivre et identifier même les adversaires les plus discrets. Thales a également développé le système de traitement de données ALICIA, qui exploite l’intelligence artificielle et est associé à des interfaces utilisateur intuitives afin de réduire la charge de travail de l’opérateur et de fournir une aide à la décision de haut niveau. Les premières versions de ce système sonar seront testées à bord des sous-marins de la classe Le Triomphant à partir de 2025. Le constructeur fournira également des sondeurs, des antennes d’interception, des téléphones sous-marins et des systèmes de communication intégrés. Parmi les autres entreprises participant au programme figurent : Framatome ; Aubert & Duvel (fourniture d’acier pour les compartiments du réacteur et forgeage de composants pour la chaufferie) ; Thermodyn (turbines) ; Jeumont (moteurs électriques) ; Fampo (pompes) ; CNIM Systèmes Industriels (tubes lance-missiles) ; Industeel (acier soudable haute résistance HLES-100) ; et Safran Electronics & Defense (systèmes intégrés de passerelles et de mâts optroniques non perforants). Au total, quelque 200 entreprises du secteur de la défense et des technologies françaises participeront à ce programme de sous-marins.
Caractéristiques
Avec une longueur de 147 mètres et un déplacement de plus de 15 000 tonnes, le SNLE-3G sera 9 mètres plus long et environ 700 tonnes plus lourd que les sous-marins de la classe Triomphant. Sa coque sera construite en acier allié HLES-100, capable de résister à des pressions supérieures à 100 kg/mm², permettant ainsi des plongées à plus de 500 mètres de profondeur. Le kiosque profilé du sous-marin, aux flancs inclinés vers l’intérieur, sera fixé à la coque par une large structure composite profilée appelée « pointe de kiosque ». Le SNLE-3G sera une plateforme furtive, bénéficiant de signatures acoustiques et magnétiques réduites, d’une hydrodynamique améliorée et de capteurs plus performants. On affirme que ce nouveau bâtiment sera aussi silencieux qu’un banc de crevettes. La coque sera revêtue d’un nouveau type de tuile anéchoïque qui, en plus d’absorber les ondes acoustiques émises par le sonar actif, atténue les turbulences hydrodynamiques à la surface, limitant ainsi la détection par sonar passif. Ces tuiles pourraient également intégrer des capteurs afin d’améliorer encore les capacités de détection du sous-marin.
Le système de propulsion comprendra un réacteur à eau pressurisée TechnicAtome de type K22 (42 000 ch/150 MW), deux turboalternateurs, un système de propulsion par hydrojet, deux moteurs diesel de secours (900 kW) et un moteur de secours. Le système de propulsion par hydrojet est composé d’un stator fixe qui pré-rote le flux d’air pour réguler le sillage de la coque, suivi d’un rotor qui redresse et accélère ce flux. L’ensemble est logé dans une tuyère faisant également office de masque acoustique. Le système de propulsion est enfermé dans une structure cylindrique appelée conduit. Ce type de système de propulsion offre un meilleur rendement en évitant les phénomènes de cavitation. L’armement se compose de 16 missiles balistiques M51.3 répartis sur deux rangées de huit silos chacune. Utilisant un nouveau propergol solide au nitral, le missile M51.3 offre une précision accrue, une portée plus longue et une capacité de pénétration améliorée. En 2014, Airbus a signé un accord avec le gouvernement français pour le développement du M51.3 et, le 10 mai 2016, Airbus et Safran ont signé une coentreprise à 50 % pour développer la mise à niveau du M51.3, qui entrera en service vers 2025.
Le SNLE 3G est également équipé de quatre tubes lance-torpilles de 533 mm capables de tirer la nouvelle torpille lourde filoguidée F21, ainsi que le missile antinavire Exocet MM40 Block 3C de MBDA ou la torpille à double usage ECAN L5 Mod 3 de Naval Group. Il peut emporter un total de 18 missiles/torpilles. Outre le leurre acoustique Canto, Naval Group fournira également le système de leurre anti-torpilles Contralto S. Ce système sature les systèmes de guidage des torpilles en générant simultanément des cibles acoustiques. Le système de gestion de combat SYCOBS 3.0 (Système de combat pour Barracuda et SSBN) sera dérivé du SUBTICS (Submarine Tactical Integrated Combat System). Grâce à son haut degré d’automatisation, le SNLE 3G ne nécessitera qu’un équipage d’une centaine de personnes, contre 120 actuellement à bord des sous-marins de la classe Le Triomphant. Adaptées aux normes de vie les plus récentes, les cabines de quatre à six personnes bénéficieront d’un agencement amélioré.
Gallerie de photos Naval News
Planning
Initialement prévue pour 2035, la livraison du premier sous-marin de la classe SNLE-3G à la Marine nationale française est reportée à 2037, selon la DGA. L’assemblage de ses premières sections devrait débuter en 2026. La livraison des trois autres sous-marins est prévue à cinq ans d’intervalle, en 2042, 2047 et 2052. Conçus pour rester en service jusqu’en 2080-2090, ces sous-marins bénéficieront d’améliorations technologiques et fonctionnelles progressives afin de s’adapter à l’évolution des menaces au cours des quarante prochaines années.
Guy Foremans est correspondant maritime et collaborateur régulier de Naval Forces depuis plus de 25 ans, embarquant régulièrement à bord d’unités de l’OTAN, européennes, asiatiques, sud-africaines et péruviennes – des porte-avions aux sous-marins.
La découpe de la 1ère tôle a finalement lieu le 20 mars 2024.
Selon les dernière nouvelles d’avril 2025, la mise sur cale est prévue en 2026-2027 et la l’admission au service actif en 2037.
Source : Guy Toremans. (s.d.). La suite : le SNLE de troisième génération devient la force de dissuasion nucléaire française en mer. MOENCH PUBLISHING GROUP.






