TRIMARAN SOUS-MARIN

(2025...)

Mise à jour 31 octobre 2026

  • 1ère apparition : Automne 2025
  • Prévu : Essais en 2026
  • Réalisés : 1
  • En service : ?
  • Propulsion : Diesel électrique ?
  • Hélice : ? 
  • Longueur : 63 m
  • Largeur : 13 m
  • Déplacement S/P : 900 t ?
  • Profondeur : ?
  • Vitesse surface : ?
  • Vitesse plongée : ?
  • Equipage : ?
  • Armement : 16 à 18 missiles estimés
  • Autonomie : ?
Ce bâtiment chinois ne ressemble ni à un sous-marin conventionnel, ni à un navire de surface classique. Il semble correspondre à une nouvelle catégorie de plateforme submersible, potentiellement conçue pour emporter un important armement de missiles.

Une découverte inattendue dans un chantier naval chinois

C’est à l’automne 2025 que le monde naval découvre l’existence d’un étrange bâtiment en construction au chantier naval de Huangpu, à Guangzhou, dans le sud de la Chine.

L’information est révélée le 29 octobre 2025 par le spécialiste britannique H. I. Sutton, dans un article publié sur Naval News. Ses observations reposent principalement sur l’exploitation d’images satellitaires commerciales.

Le bâtiment attire immédiatement l’attention par son architecture inhabituelle :

  • Une coque centrale particulièrement longue et étroite.
  • Deux coques latérales de dimensions plus réduites, positionnées vers l’arrière.
  • Une superstructure très basse.
  • Une silhouette qui emprunte autant aux sous-marins qu’aux navires de surface.

Sa construction est initialement dissimulée sous de grandes bâches sombres, ce qui rend son identification particulièrement difficile.

Les premières estimations lui attribuent une longueur d’environ 65 mètres.

À ce stade, plusieurs hypothèses sont avancées : navire porte-drones, bâtiment semi-submersible, plateforme expérimentale ou navire arsenal destiné à transporter des missiles.

Aucune information officielle chinoise ne permet alors de déterminer sa véritable fonction.

Un sous-marin ou un bâtiment semi-submersible ?

C’est probablement la question la plus intéressante concernant ce projet.

Le bâtiment possède plusieurs caractéristiques qui le rapprochent d’un sous-marin :

  • Une coque centrale étroite et allongée.
  • Une silhouette basse.
  • Une structure ressemblant à un kiosque de sous-marin.
  • Un mât qui semble correspondre à un schnorchel.
  • Des systèmes de propulsion installés sur les flotteurs latéraux.

L’hypothèse actuellement privilégiée est celle d’un bâtiment capable de naviguer sous la surface, avec une propulsion diesel-électrique. Le schnorchel lui permettrait d’alimenter ses moteurs diesel en air tout en restant immergé à faible profondeur. L’énergie produite pourrait notamment servir à recharger les batteries utilisées pour la propulsion électrique.

La propulsion pourrait être répartie entre :

  • Une hélice ou des hydrojets sur la coque centrale, associés à la propulsion principale.
  • Des hélices carénées sur les flotteurs latéraux, éventuellement de type pump-jet, qui pourraient assurer une propulsion électrique plus discrète.

Il faut toutefois rester prudent : la configuration exacte des moteurs et des hélices n’a pas été officiellement identifiée.

Une caractéristique mérite également d’être soulignée : le bâtiment ne semble pas avoir été conçu comme un sous-marin traditionnel destiné à naviguer en permanence en immersion profonde. Son architecture suggère plutôt un engin submersible dont les déplacements en surface ou à faible profondeur jouent un rôle important.

 

Une plateforme pouvant embarquer 16 à 18 missiles ?

 

C’est la révélation la plus importante de l’analyse publiée le 28 octobre 2026 par H. I. Sutton dans Naval News.

Le bâtiment pourrait être équipé de deux compartiments internes destinés à accueillir des lanceurs de missiles. Selon son analyse, les missiles seraient stockés horizontalement pendant la navigation. Le dispositif fonctionnerait de la manière suivante :

  1. Le bâtiment rejoint une zone de lancement en immersion ou à faible profondeur.
  2. Il fait surface.
  3. Les panneaux des deux compartiments s’ouvrent.
  4. Les tubes contenant les missiles sont redressés jusqu’à la position verticale.
  5. Les missiles sont lancés.

L’analyse des images permettrait d’identifier au moins huit tubes. En supposant que les deux compartiments possèdent une configuration identique, la capacité totale pourrait atteindre 16 à 18 missiles. Il ne s’agit cependant pas d’un nombre officiellement confirmé.

Cette disposition est très différente de celle des sous-marins lance-missiles conventionnels, dont les missiles sont installés verticalement dans des tubes fixes et peuvent être tirés sans faire surface. Ici, le bâtiment devrait obligatoirement émerger pour mettre ses lanceurs en position de tir.

 

Quels missiles pourraient être embarqués ?

Aucune information ne permet d’identifier formellement les armes prévues. Plusieurs possibilités peuvent être envisagées :

  • Des missiles antinavires.
  • Des missiles de croisière destinés à frapper des objectifs terrestres.
  • Des missiles antinavires hypersoniques.

H. I. Sutton évoque notamment le YJ-20, missile hypersonique antinavire associé aux croiseurs chinois Type 055. Ce missile constitue une possibilité intéressante compte tenu de son association avec les systèmes de lancement des grands bâtiments de combat chinois. Il serait toutefois prématuré d’affirmer que le trimaran est conçu pour l’emporter. Ni la compatibilité des lanceurs, ni le type de missile n’ont été confirmés.

La capacité estimée de 16 à 18 missiles ne signifie donc pas nécessairement qu’il s’agira de 16 à 18 YJ-20.

Illustration HI Sutton
Chantier Huangpu de Guangzhou (Source Janes)
Chantier Huangpu de Guangzhou (Source Janes)

Conclusion : Une nouvelle catégorie de sous-marin ?

Le trimaran chinois représente une évolution particulièrement originale dans le domaine de la guerre navale. Son architecture hybride, sa capacité présumée à naviguer en immersion et son armement potentiel de 16 à 18 missiles en font un bâtiment difficile à classer dans les catégories habituelles.

Il ne s’agit probablement pas d’un sous-marin d’attaque destiné à traquer d’autres sous-marins, ni d’un sous-marin stratégique chargé de missiles balistiques nucléaires. Son rôle serait beaucoup plus spécialisé : constituer une plateforme discrète, éventuellement autonome, capable de transporter une importante quantité de missiles et de les lancer après avoir émergé. Cette approche pourrait permettre à la marine chinoise de multiplier les axes de frappe et de compliquer la défense des groupes aéronavals adverses.

Mais plusieurs questions restent sans réponse : la réalité de son autonomie, ses capacités de plongée, ses performances, son armement et surtout son efficacité opérationnelle. Une chose est certaine : la Chine expérimente ici une architecture navale particulièrement inhabituelle, qui mérite d’être suivie de près.

Sources

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