Japan SSN Project
Mise à jour 20 septembre 2026
Le ministre japonais de la Défense Shinjiro Koizumi a déclaré, lors d’une conférence de presse le 11 septembre 2026, qu’il n’excluait pas l’option des sous-marins à propulsion nucléaire pour le Japon.
Le sujet s’inscrit dans la révision en cours des trois documents stratégiques nationaux (Stratégie de sécurité nationale, Stratégie de défense nationale, Programme de renforcement des capacités de défense), attendue d’ici la fin de l’année. Koizumi a insisté sur le fait qu’aucune décision n’était prise et que le gouvernement n’avançait pas vers une conclusion prédéterminée. Il a toutefois livré l’une de ses évaluations publiques les plus détaillées à ce jour : les SNA peuvent rester immergés longtemps, mener des opérations prolongées, et atteindre des vitesses plusieurs fois supérieures aux bâtiments à propulsion classique, avec un meilleur niveau de sécurité pour l’équipage. Il a aussi reconnu les inconvénients : discrétion acoustique moindre, coût élevé de la propulsion nucléaire, coques plus grosses nécessaires, et expertise technique spécialisée requise pour l’exploitation et la maintenance.
Ces déclarations font suite de deux jours à celles d’un responsable de l’US Navy (non identifié), qui s’est dit favorable à ce que le Japon envisage cette option, arguant que le pays exploite déjà des centrales nucléaires et possède la technologie afférente. Le même responsable a averti la Corée du Sud de ne pas poursuivre le nucléaire naval comme simple « symbole de statut ».
Le Japon n’exploite actuellement que des sous-marins conventionnels à propulsion diesel-électrique. Le débat s’est accéléré depuis un an :
- Septembre 2025 : un panel d’experts du ministère de la Défense recommande d’étudier des « systèmes de propulsion nouvelle génération » pour de futurs sous-marins dotés de VLS.
- Novembre 2025 : Koizumi évoque déjà le sujet, dans la foulée de l’accord de Trump autorisant la Corée du Sud à se doter de SNA.
- Le même mois, l’ex-ministre Gen Nakatani va plus loin en affirmant que le futur sous-marin japonais « aura finalement besoin » du nucléaire.
- Janvier 2026 : le chef d’état-major de la JMSDF, l’amiral Akira Saito, reconnaît lui aussi les avantages opérationnels du nucléaire naval.
Les obstacles restent nombreux : coût, infrastructure entièrement nouvelle à créer (maintenance des réacteurs, gestion du combustible, personnel spécialisé), et surtout un cadre légal contraignant — la loi japonaise sur l’énergie atomique restreint son usage aux seules fins pacifiques, ce qui pose la question de la compatibilité avec des navires de guerre nucléaires.
Bref, rien n’est décidé, mais le sujet passe clairement d’un débat théorique à une discussion de politique de défense concrète.
