Classe Taigei

(2020 - )

Mise à jour 29 mars 2026

  • Période service : 2020 –
  • Prévu : 13
  • Réalisés : 6
  • En service : 5
  • Perdu : 0
  • Propulsion : LIT / AIP
  • Hélice : 1 x 7 pales
  • Longueur : 84 m
  • Maître-bau : 9,1 m
  • Déplacement S/P : 2.947-3.000 / 4.300 t
  • Profondeur : 300 m
  • Vitesse surface : 13 nds
  • Vitesse plongée : 20 nds
  • Equipage : 65
  • Armement : Torpilles, mines, missiles (AN)
  • Autonomie : 6.100 mn surface / 45 jours
Cl Tagei (513)
Lancement du SS513 – Classe Taigei (Photo JMSDF)

A l’origine, une variante du Sōryū devait entrer en compétition pour constituer la future Classe 75(I) devant équiper la Marine indienne. L’avenir de la Classe Sōryū devait dériver d’une version qui avait été proposée pour l’Australie. Elle prennait provisoirement le nom de Classe SS29 et les premières images ont été présentées en juin 2019.

Sur la représentation graphique, ce qui choquait au premier coup d’œil était son massif très réduit et placé très en arrière de la coque (un peu comme l’Alfa soviétique) et le positionnement de ses barres de plongée. Cette Classe (sept unités) devait être un peu plus longue (90-92 m) et accuser un déplacement de plus de 3.000 t en surface. Sa propulsion dépendait uniquement des moteurs diesel et de batteries Lithium-Ion (LIB) comme pour les dernières unités de la Classe Sōryū. Les premières estimations de lancement tournaient autour de 2030 avec une phase de développement située entre 2015 et 2028.

Mais tout s’est accéléré.

Le 14 octobre 2020, le lancement du SS-513 semble ce qui pourrait être le premier exemplaire de la Classe. Elle prend le nom de Taigei (grosse baleine). Outre sa propulsion 100% lithium-ion, le massif semble réduit, mais pas autant que les croquis le montraient. Les premières vidéos disponibles lors de ses tests en mer démontrent que ce massif est plus allongé que celui de la Classe précédente, probablement pour y abriter plus de mats et améliorer son hydrodynamisme. Son déplacement serait de 2.947 tonnes en surface, soit 100 tonnes de plus que le Soryu de la Classe précédente pour une longueur identique (84 m). Son entrée en service en mars 2022 a été également une surprise car bien plus tôt que prévu. Ce premier bâtiment est destiné à devenir une plateforme d’essais, et pas à devenir une unité opérationnelle au sein de la JMSDF.

La deuxième unité est entrée en service en mars 2023 et le rythme semble se poursuivre à hauteur d’au moins une unité par an.

Première image du SS29 diffusée sur Twitter (on est loin du compte !)
JS-Hakugai
JS Hakugai (SS514)
Classe Tagei (II)
Illustration Richard W. Stirn
Classe Taigei
Jingei SS-515
Classe Taigei
Jingei SS-515
Classe Taigei
Jingei SS-515

Le remplaçant futur de la Classe Tagei n’est pas encore connu, mais certaines illustrations proposées par l’industriel Kawasaki semblent suggerer des silos VLS en avant du massif (qui du coup se situerait très en arrière à la manière du Typhon Russe). A creuser !

 

𝗔𝘂 𝗝𝗮𝗽𝗼𝗻, 𝗺𝗲̂𝗺𝗲 𝘂𝗻 𝗴𝗲́𝗮𝗻𝘁 𝗶𝗻𝗱𝘂𝘀𝘁𝗿𝗶𝗲𝗹 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗶𝗻𝘁𝗼𝘂𝗰𝗵𝗮𝗯𝗹𝗲 : 𝗞𝗮𝘄𝗮𝘀𝗮𝗸𝗶 𝘀𝗮𝗻𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲́ 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘂𝗻 𝘀𝗰𝗮𝗻𝗱𝗮𝗹𝗲 𝗻𝗮𝘃𝗮𝗹 𝗿𝗮𝗿𝗲

Le 26 décembre 2025, le ministère de la Défense japonais a pris une décision exceptionnelle. Kawasaki Heavy Industries, pilier historique de l’industrie militaire, a été suspendu pendant deux mois et demi de certains contrats. Une sanction rarissime dans un pays où la discipline industrielle est presque une règle culturelle.

À l’origine de l’affaire, des irrégularités dans les procédures d’inspection de moteurs diesel utilisés sur des sous-marins japonais. Des écarts de consommation ont été identifiés, sans impact direct sur la sécurité, mais suffisants pour déclencher une enquête approfondie. Car dans ce domaine, la moindre anomalie est prise très au sérieux.

Mais le véritable choc ne vient pas de la technique. Il vient de l’éthique. L’enquête a révélé l’existence de fonds illicites issus de transactions fictives avec des sous-traitants. Cet argent aurait servi à offrir des biens personnels à certains militaires : consoles de jeux, sacs de golf, montres. Des montants faibles, à peine quelques milliers d’euros, mais un principe inacceptable dans un système basé sur la rigueur. Le ministère n’a pas hésité à sanctionner aussi les militaires impliqués. Onze membres des forces ont été touchés, certains suspendus, d’autres pénalisés financièrement. Un signal fort : la responsabilité est partagée, et personne n’est au-dessus des règles.

Malgré cette affaire, Kawasaki reste incontournable. L’industriel équipe une grande partie de la flotte sous-marine japonaise, avec des dizaines d’unités en service, et participe à de nombreux programmes clés, des hélicoptères aux missiles. Dans un contexte de montée des tensions en Indo-Pacifique, Tokyo ne peut pas se permettre de se passer d’un tel acteur.

Car derrière ce scandale, il y a un enjeu plus large. La marine japonaise, compacte mais extrêmement performante, est en pleine transformation. Avec un budget défense record et une flotte parmi les plus avancées au monde, le pays renforce ses capacités face à la Chine et aux tensions régionales. Dans ce contexte, la moindre faille industrielle devient stratégique. Le message envoyé est limpide : la performance ne suffit pas, l’exigence doit être totale.

 
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