Classe Isaac Peral - Type S-80

(2023 - )

Mise à jour 11 juillet 2026

  • Période service : 2023 – 
  • Prévu : 4
  • Réalisés : 4 (en construction)
  • En service : 1
  • Perdu : 0
  • Propulsion : Diésel-électrique / AIP
  • Hélice : 1 x 7 pales
  • Longueur : 80,8 m
  • Maître-bau : 11,6 m
  • Déplacement S/P : 2.695 / 2.965 t
  • Profondeur : 460 m
  • Vitesse surface : 10 nds
  • Vitesse plongée : 19 nds
  • Equipage : 32+8
  • Armement : Torpilles, missiles (AN)
  • Autonomie : 50 jours 

La Classe S-80 est une Classe de sous-marin d’attaque à propulsion anaérobie fabriqué par Navantia. Elle serait véritablement la première Classe réellement espagnole depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Elle est destinée à remplacer les sous-marins à propulsion classique de Classe Agosta / Galerna équipant l’armada espagnole et dont la mise en service était prévue à l’origine en 2015 avant d’être reportée, à cause de défaillances dans la conception, à 2022. 

Leur coût initial était évalué à 550 millions d’euros en mais en 2018, il est réestimé a un peu moins d’un milliard d’euros (l’unité). Ils ont dû être rallongés de 10 m en raison d’un problème de poids. En effet, le diable étant dans les (gros) détails, une virgule a été mal placée dans un calcul et le S-80 s’est retrouvé avec 100 tonnes de trop. Rallonger le sous-marin fut la seule solution trouvée par l’Américain Electric Boat / General Dynamics (les travaux étant déjà très avancés), mais la propulsion AIP prévue risque d’être poussive, car dimensionné pour 2.200 tonnes et pas 3.000 t. 

Le bâtiment Type (S-81), devant être modifié, sortira finalement après les autres unités de la Classe. Pour couronner le tout, avec ses dix mètres supplémentaires, le dock de Carthagène qui devait l’accueillir est désormais trop court. Les budgets explosent encore de 16 M€.

Classe Isaac Peral - Type S-80
Comment étirer un sous-marin...
Cl Isaak Peral
Illustration David Morel (800tonnes.com)
Classe Isaac Peral - Type S-80
Photo Pelegrin Murillo

Le Projet P650

En fin de compte, cette Classe n’aurait jamais dû exister si l’accord entre Navantia et Naval Group (anciennement DCNS) avait pu aller à son terme. Ce devait être un dérivé de la Classe Marlin, ou Projet P650 pour les espagnols IZAR. 

En 2007, Navantia / Izar proposait une première fois son futur projet S-80A sous le nom de P650 à Taïwan avec un faible tonnage (1.700 – 1.900 t pour 67 m). Plus tard, en 2012, la marine Indienne a songé à acheter six sous-marins S-80 pour sa flotte avant d’y renoncer au profit du Scorpène.

Le Projet échoua en 2010, Navantia récupérant toute l’expérience acquise auprès de DCNS depuis 1990 pour produire sa propre Classe avec l’aide des Américains. Navantia sera dès lors en concurrence avec Naval Group sur tous les appels d’offres internationaux, Naval Group développant alors le Projet Barracuda (redevenu 100% français après décision de la Cour Arbitrale Internationale) et les Espagnols, le S-80. La dernière pilule que devront avaler les Espagnols réside dans le fait qu’en raison du retard de la Classe S-80, ils devront payer à Naval Group la maintenance ou l’évolution des anciens Agosta… français…


Classe Isaac Peral - Type S-80
Projet P650
P650
P650 proposé en 2007

Le Projet SUBESPRON (SUBmarino ESpañol de PROpulsión Nuclear ESPAGNOL)

Au milieu des années 70, le gouvernement Espagnol a même réfléchi à se lancer dans la construction d’un sous-marin à propulsion nucleaire : Le projet SUBESPRON. Mais le projet n’alla plas plus loin.

Un début poussif qui risque de contrarier des ventes à l’export

Depuis 2019, la concrétisation future du premier exemplaire a donné confiance à ses constructeurs et Navantia propose de manière systématique son sous-marin dans les appels d’offres internationaux. Sans succès à ce jour, puisqu’il semble écarté lors des qualifications. Mais cela ne préjuge en rien un avenir qui pourrait être prometteur si les capacités opérationnelles venaient à être démontrées sur le terrain.

En raison des péripéties successives du S-80 et de son allongement, tant dans les dimensions que dans sa réalisation, le projet a pris le nom de S-80 PlusCôté armement, en plus des torpilles, les Espagnols devront se contenter de missiles Harpoon d’une portée de 270 km, et pas de Tomahawk (1.200 km) comme espéré. En effet, les Américains ne souhaitaient pas laisser au peuple ibérique la totale liberté d’utilisation de ce type d’arme. Pour terminer, notons que l’Espagne a finalisé un nouvel AIP maison (BEST – Bio-Ethanol Stealth Technology) qui équipera les S-83 et S-84 dès l’origine, puis installé sur les deux premières unités lors d’une future révision majeure. En juin 2020, on évoquait la possibilité de commander un cinquième bâtiment.

Mais avant de penser à un cinquième bateau, il faudrait déjà lancer le premier. Si la mise à l’eau a eu lieu en avril 2021, la mise en service a été décalée en 2023 en raison de problèmes de sonar et de retard de livraison de pièces par les fournisseurs.

Mais cet incident n’est pas le seul qui affecte les sous-marins de la classe S80. Navantia connaît actuellement un conflit interne majeur qui pourrait retarder la construction des trois autres sous-marins en cours. Il s’agit du S82 Narciso Monturiol, du S83 Cosme García et du S84 Mateo García de los Reyes. Certaines unités devraient être livrées respectivement fin 2024, 2026 et 2028. Les travailleurs de l’entreprise publique estiment qu’il manque environ 300 travailleurs pour pouvoir faire avancer les trois autres sous-marins dans les délais impartis et exigent que la direction de Navantia passe les contrats nécessaires. Pour l’instant, comme première mesure de pression, le comité d’entreprise a déjà pris les premières mesures pour faire pression sur les politiques qui dirigent l’entreprise : ils ont cessé de faire des heures supplémentaires depuis le mois de janvier 2023.

L’Isaac Péral, 1er batiment de la Classe, sera finalement livré le 30 novembre 2023 après une période de tests concluants.

Le 4 octobre 2025, le S-82 Narciso Monturiol est lancé. Un programme poussif…

S-82 Narciso Monturiol avec la moitié de son pijama ! (26/12/2025)
Cl Isaak Peral (massif)
Illustration Richard W. Stirn
Classe Isaac Peral - Type S-80
La vierge Carmen (patronne des sous-mariniers depuis 1946) embarquée à bord du S-81
1ère navigation du S-81

D’un début poussif à des problèmes de fiabilité …

Le premier sous-marin de type S-80 de la marine espagnole, l’« Isaac Peral », a dû faire un retour à la base très précoce lors de son dernier déploiement.
Naviguant en eaux peu profondes et par mer agitée en immersion périscopique, l’équipage entendit un fracas assourdissant. En faisant surface, ils constatèrent que le sous-marin avait perdu sa superstructure d’acier à l’avant. De grandes plaques de métal, dont certaines pesaient près d’une tonne, s’étaient détachées de la coque. Les débris arrachés heurtèrent le kiosque, l’endommageant à plusieurs endroits, forçant le sous-marin à interrompre sa mission après seulement quatre jours en mer. Le bâtiment a regagné précipitamment sa base de Carthagène.
La situation aurait pu être bien pire. Aucun débris n’atteignit le schnorchel, le tube permettant à l’air d’alimenter les moteurs. Si tel avait été le cas, les dégâts auraient pu provoquer une voie d’eau. Le sous-marin fut conduit au chantier naval pour des réparations urgentes, pour lesquelles des plaques du n°3 Cosme García furent utilisées, celles du Narciso Monturiol ayant déjà été percées. Il ne put reprendre la mer que dix jours plus tard.
 
Cet incident, passé sous silence, contraste fortement avec le discours véhiculé autour du sous-marin depuis son lancement, présenté comme le plus grand exploit technologique de la Marine.
Mais derrière cette image de réussite, la réalité opérationnelle s’est avérée bien plus problématique. L’incident survenu lors de la mission de surveillance de l’OTAN n’est pas un cas isolé. Selon des sources proches du programme, des problèmes se sont accumulés ces derniers mois sur de nombreux systèmes : vannes de coque (présentant d’éventuels défauts de conception ou de matériaux), purge du ballast liquide, système hydraulique de la gouverne de direction et de la gouverne de profondeur, système de refroidissement et schnorchel. Des anomalies ont également été détectées au niveau des écoutilles et de la propulsion, bien que le niveau de risque soit moindre.
 
Le navire a subi une série de réparations. Et, toujours selon ces sources, depuis sa livraison, il a passé plus de temps en atelier qu’en mer. L’un des problèmes les plus critiques concerne le système de combat. Ces derniers mois, l’Isaac Peral a mené une dizaine d’exercices de lancement de torpilles au large des îles Canaries et d’Almería. Selon les mêmes sources, aucune n’a atteint sa cible.
Le sous-marin utilise la torpille lourde DM2A4, fabriquée en Allemagne et dotée d’un système de gestion tactique fourni par la société américaine Lockheed Martin. Les causes de ces échecs restent floues. Elles pourraient être dues au stockage prolongé des torpilles – acquises il y a plus de dix ans, avant la mise en service du sous-marin – ou à des problèmes d’intégration entre les systèmes.
Le ministère de la Défense reconnaît l’existence d’incidents, mais les qualifie de normaux pour un programme d’une telle complexité. « Les incidents ont été détectés à différentes étapes (…) et ont été corrigés conformément aux procédures établies », a-t-il indiqué dans un courriel adressé à La Vanguardia.
 
Concernant les systèmes d’armes, le ministère de la Défense affirme qu’ils sont « pleinement opérationnels » et ont été testés « avec succès » à plusieurs reprises, « leur performance étant jugée satisfaisante ». Deux torpilles ont été lancées récemment « sans incident », a-t-il ajouté.
Concernant l’incident de février, le ministère de la Défense l’attribue à une mer agitée et au « détachement d’éléments de la coque extérieure », sans incidence sur la sécurité. Le ministère ne précise pas la durée de fonctionnement effective du sous-marin par rapport au temps passé en maintenance ou en réparation, mais indique que le sous-marin – livré il y a plus de 840 jours – « a cumulé 267 jours en mer et plus de 2 800 heures d’immersion depuis sa mise en service ». « Il est pleinement opérationnel », insiste-t-il.
Source : Echos Sous-Marins du Pacifique

S-90, évolution du S-80+

Alors même que la série de quatre S-80+ n’est pas encore opérationelle, Navantia travaille sur son successeur, le S-90.

S-100 « Poséidon »

Et si les travaux sur le S-90 sont déjà entamés, Navantia travaille également sur un autre projet d’ampleur avec le S-100 à propulsion nucléaire.

Le « Poséidon », nom fictif donné à une hypothétique classe de sous-marins à propulsion nucléaire de la Marine , serait un navire d’attaque très différent des navires conventionnels qui le précéderaient dans son évolution. On suppose que leur arrivée pourrait survenir après les sous-marins de type S-90 que la Marine serait déjà en train de concevoir comme une évolution de l’actuel S-80 Plus, et pourrait servir à donner naissance au type S-100 qui commencerait à être construit en deux décennies pour être prêt dans trente ans.

Selon son analyse détaillée, l’incorporation de six sous-marins à propulsion nucléaire pourrait être envisagée pour la Marine, un nombre qui permettrait à trois ou quatre d’être opérationnels à tout moment et couvrirait les importants investissements économiques, les nouvelles technologies et même les installations nécessaires. pour votre emplacement. Il définit, et est particulièrement clair en ce sens, qu’une contribution technologique d’un pays tiers serait nécessaire, dans ce que nous avons estimé comme le type S-100 , pour obtenir des éléments aussi caractéristiques d’un sous-marin nucléaire d’attaque qu’un réacteur nucléaire. qui ne nécessitait pas de ravitaillement pendant sa durée de vie utile ou un acier avec des caractéristiques spécifiques pour résister à une immersion pouvant l’amener à des niveaux de 600 mètres ou même plus profondément.

Il attribue au futur et hypothétique S-100 « Poséidon » de la Marine un déplacement compris entre 6 000 et 10 000 tonnes, qui suit le modèle déjà établi dans les marines qui en disposent et dans d’autres, comme l’Australie ou le Brésil, qui fonctionnent déjà. en l’obtenant. Un handicap à éviter est celui inhérent à l’équipage, puisque, dit l’ancien vice-amiral, il faudrait environ 1 000 personnes directement liées à sa gestion et à son fonctionnement, nombre auquel il faudrait ajouter les techniciens de l’entreprise et de la Marine associés. avec son entretien.

Source : Defensa.com

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